À Angers, le piano dans tous ses états
Durant cinq jours, à raison de plusieurs rendez-vous quotidiens, Angers Pianopolis, conduit par Alexandre Kantorow, propose d’approcher l’instrument à travers les répertoires, les formats et les lieux les plus variés. L’amateur et la vedette internationale y trouvent claviers à leurs doigts.
De la musique classique, du jazz, de la pop et de l’électro, des concerts, des spectacles et des rencontres. « Le projet initial, proposé par Nicolas Dufetel, adjoint à la culture et au patrimoine de la Ville d’Angers, était de présenter le clavier sous toutes ses formes, à travers la ville », rappelle Alexandre Kantorow.
e jeune pianiste, vedette internationale depuis son premier prix au célèbre Concours Tchaïkovski en 2019, hôte des salles les plus prestigieuses, a rejoint l’aventure dès la deuxième édition. Il assure désormais la direction artistique du Festival Pianopolis dans une même volonté de diversité et d’ouverture. « De la pratique en amateur, encouragée par la mise à disposition de pianos, aux récitals d’artistes de premier plan, le projet n’a pas changé ».
Des concerts de piano dans toute la ville
Le pianiste Björn Gottschall, qui ouvre les festivités illustre bien la proposition angevine dont voici la quatrième édition : avec son vélo, il promène son piano (droit, bien sûr !) à travers la ville, entre les jardins publics et les places. Parmi d’autres manifestations en plein air et également gratuites, se remarquent celles de la chanteuse Marielle Dechaume avec le pianiste Jacques Montembault, du duo Oda (Anna Bozovic et Théo Noël-Apperry) qui mêle chansons et pop folk ou CJ Beth.
Mais Pianopolis propose aussi des rendez-vous plus attendus dans des lieux inattendus comme les Greniers Saint-Jean ou le musée Jean Lurçat et de la Tapisserie contemporaine, tous deux du XIIe siècle, ou l’abbaye romane du Ronceray. « Un des axes majeurs du festival est de faire résonner le piano à travers la ville », poursuit Alexandre Kantorow. Et pour le faire sonner, il invite des artistes qu’il aime, toutes générations confondues, d’Elisabeth Leonskaja, 80 ans, à Gabriel Durliat, 25 ans, qui, profitant de l’exposition au musée Jean Lurçat, fera dialoguer la Tenture Tolkien, composée de quatorze tapisseries et de deux tapis à partir des dessins de J.R.R. Tolkien, avec un vaste répertoire, de Bach à nos jours.
Démocratiser la musique et attirer tous les publics
Concerts pour enfants (Le Roi qui n’aimait pas la musique de Karol Beffa, avec Stéphane Varupenne, sociétaire de la Comédie-Française, en récitant), ciné-concert (Chantage d’Alfred Hitchcock avec des improvisations de Jean-Baptiste Doulcet au piano), jazz (Baptiste Trotignon et Thomas Enhco), « Une Soirée chez les Schumann » (la mezzo-soprano Delphine Haidan, la pianiste Dana Ciocarlie et Julie Depardieu), un récital du très demandé contre-ténor Jakub Józef Orliński, un prometteur concert de clôture avec Tanguy de Williencourt, au piano et à la baguette, et l’excellent Orchestre national des Pays de la Loire (Beethoven et Chopin) et bien d’autres rendez-vous : Pianopolis, à travers une programmation à la diversité revendiquée, et une politique tarifaire assumée (35 € les billets les plus onéreux, certains à 5 €, voire 3 €) rend accessible l’excellence.
« Le festival cherche à inscrire les concerts dans des lieux propices à la convivialité, de façon à pouvoir se retrouver autour d’un verre avant ou après les concerts, ajoute Alexandre Kantorow. Il doit s’inscrire de plus en plus profondément dans la vie culturelle de la ville ». Objectif : faire d’Angers, le temps de quelques jours bien remplis, la ville du piano, comme Pianopolis le suggère.
Informations pratiques
- Lieu : Angers
- Dates : du mercredi 13 au dimanche 17 mai 2026
- Renseignements sur Angers Pianopolis – Festival de piano de la Ville d’Angers
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