Messe de requiem. Mondonville : In exitu Israel. Rameau : In convertendo Dominus

Marie Perbost, Emmanuelle Ifrah (dessus), Samuel Boden (haute-contre), Zachary Wilder (taille), Victor Sicard (basse-taille), Le Concert d’Astrée, dir. Emmanuelle Haïm

Erato 5054197504686 (2 CD).

2019. 1 h 28 min

Voilà un habile programme qui réunit trois compositeurs capables d’écrire avec la même efficacité pour la scène et pour l’église. Ces trois pièces, présentées dans un ordre différent (Rameau, Mondonville et Campra) lors du concert à la chapelle royale du château de Versailles dont ce disque se fait l’écho, n’hésitent alors pas à recourir à de nombreux effets théâtraux pour illustrer le message sacré. On peut assurément faire confiance à Emmanuelle Haïm et à son instinct dramatique pour les mettre en lumière. La cheffe laisse ainsi s’installer la douce lumière des premières mesures du Requiem avant de profiter des imitations de « Et lux perpetua » pour propulser le mouvement. De même, les répétitions obstinées de « non timebit », dans le Graduel, puis l’opposition, dans l’Offertoire, entre le « poenis inferni », relatif au châtiment infernal, et le « sed signifer », porteur d’espoir, témoignent d’une lecture attentive du texte qui veille en outre à entretenir la continuité du récit. L’In exitu Israel de Mondonville, éminemment descriptif et spectaculaire (la houle de doubles croches dans « Mare vidit »), résume toutes les qualités d’une interprétation portée par un collectif toujours à l’écoute et des solistes admirables.