Depuis la résurrection de Platée en 1956, ou la première des Boréades en 1982, on sait que le festival d’Aix-en-Provence a toujours eu des relations privilégiées avec Rameau. Hélas, depuis Castor et Pollux en 1991, où le tandem Christie-Pizzi n’avait pas renoué avec la magie de son Hippolyte et Aricie de 1983, le compositeur dijonnais avait un peu été délaissé.

Théâtre de l’Archevêché – Crédit photo : Vincent Beaume

Pour son grand retour l’an prochain, c’est une création mondiale qui sera proposée, l’opéra Samson, jamais représenté car rejeté par la censure. Raphaël Pichon s’est chargé de le « réinventer », Rameau ayant réutilisé sa musique dans Les Indes galantes ou dans Les Fêtes d’Hébé, entre autres. Au livret de Voltaire se substituera une trame imaginée par le metteur en scène Claus Guth, et la musique sera un pasticcio d’airs empruntés ici et là, de manière à évoquer cette révolution théâtrale à laquelle aspiraient en 1733 le musicien et le dramaturge.

La réforme que Gluck, lui, put mener à bien sera également à l’honneur à Aix avec, donnés le même soir, Iphigénie en Aulide et Iphigénie en Tauride, dans la vision de Dmitri Tcherniakov et sous la baguette d’Emmanuelle Haïm. Autre nouvelle production : Madame Butterfly, qu’il appartiendra à Andrea Breth d’arracher à tout japonisme de pacotille, tandis que Daniele Rustioni dirigera Ermonela Jaho dans le rôle-titre. Katie Mitchell promet de rendre encore plus féministe sa vision de Pelléas et Mélisande, la superbe production de 2016 étant exceptionnellement reprise avec une distribution renouvelée. Et Leonardo García Alarcón terminera son parcours monteverdien avec un Retour d’Ulysse mis en scène par Pierre Audi lui-même. Une fois n’est pas coutume, Mozart ne sera présent qu’en concert, avec une Clémence de Titus où brilleront Pene Pati, Karine Deshayes et Marianne Crebassa, tandis que le grand opéra français sera illustré par Les Vêpres siciliennes, également en concert (le Palazzetto Bru Zane prévoit d’enregistrer l’œuvre, servie par Marina Rebeka et John Osborn, notamment). Un double bill imaginé par Barrie Kosky associera les Eight Songs for a Mad King de Peter Maxwell Davies et les Kafka-Fragmente de Kurtag. Le festival s’associera à l’hommage rendu par le LUMA d’Arles à William Kentridge, avec une exposition et un spectacle intitulé The Great Yes, The Great No, l’offre de récitals et de concerts venant compléter cette riche programmation.

Pour plus d’informations :

 Du 3 au 23 juillet 2024
Festival d’Aix-en-Provence

www.festival-aix.com