Concertos pour violon n° 1 et 2. Pièces pour piano et violon

Jean-Jacques Kantorow (violon), Haruko Ueda (piano), Orchestre de Douai – Région Hauts-de-France, dir. Arie Van Beek

Soupir Editions S256.

2021-2022. 1 h 11 min

Alfredo D’Ambrosio (1871-1914) ****
Violoniste, pédagogue et compositeur, napolitain de naissance, Alfredo D’Ambrosio fut l’élève des plus illustres virtuoses de son temps, Pablo de Sarasate et August Wilhelmj. Il prit la nationalité française, vécut à Paris et à Nice, et se fit connaître essentiellement dans l’interprétation de ses propres œuvres. Fondateur d’un quatuor et professeur au Conservatoire de Paris, il mourut subitement en 1914, non sans avoir laissé quelques enregistrements pour le gramophone naissant. On lui doit un opéra, des pages de musique de chambre, de nombreuses pièces de genre et les deux concertos réunis ici. Tombés dans un oubli total, ils s’inscrivent dans une esthétique post-romantique, démontrant une incontestable audace harmonique et une véritable science de l’orchestration, tout en exigeant du soliste – héritage de Paganini oblige – une virtuosité exubérante. Après un long silence, Jean-Jacques Kantorow revient au disque pour dévoiler les saveurs « belle époque » de ces œuvres qui connurent leurs heures de gloire au début du siècle dernier. Du premier concerto (1903), il souligne habilement le caractère épique comme le goût du bel canto (Andante), et rend au second – dédié à Jacques Thibaud, mais créé par George Enescu en 1913 – son souffle opératique en dominant les périls techniques avec panache. On saluera donc le courage de l’entreprise, tout en regrettant que la prise de son ne donne un peu plus de profondeur et de luminosité à l’orchestre. Des courtes pièces qui complètent l’album – parmi lesquelles la Canzonetta, op. 6, la Sérénade, op. 4 et la Romance, op. 9 qui eurent autrefois, l’une ou l’autre, la faveur des plus grands archets (Elman, Kubelik, Seidel, Heifetz, Enescu) – Kantorow et son excellente partenaire rendent tout souplesse, non sans un brin de nonchalance, l’esprit discrètement cabotin de ces savoureuses miniatures.